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Si certains de ces thèmes sur la mort s'interprètent sur un plan symbolique, d'autres plus subtils ressemblent à un contact télépathique entre la personne décédée et le rêveur. Ce dernier éprouve parfois la sensation réelle de l'étreindre et de toucher sa peau, l'émotion est si intense que le corps tout entier participe. Il n'est pas exclu qu'au réveil le rêveur essuies quelques larmes sur ses joues. Le message d'un être cher disparu est délicat à décrypter, car si on souhaite voir son image en rêve, ce désir se concrétise inévitablement et fait naître un doute au réveil. On en déduit, peut être trop rapidement, que ces désirs de contact avec nos morts ne font que traduire l'envie légitime de les retrouver. Mais au nom de quelle certitude ces rêves ne seraient que la manifestation de notre volonté ? Les morts que nous voyons dans nos rêves ont le plus souvent les traits reposés, ne serait-ce pas un signe de vie ? Le rêve est le meilleur complice de la Mort, comme elle, il donne accès a un autre plan de l'existence et tisse avec elle des liens éternels, son contenu est parfois puissant et salvateur comme le témoignage qui suit.
Une femme d'une quarantaine d'année se trouvait en pleine dépression, très accablée par la Mort accidentelle de sa grand mére. Cette jeune femme se sentait en partie responsable de ce drame. Jours après jours son chagrin s'intensifiait et d'autant plus, car elle désirait de tout son être retrouver sa grand-mère dans ses rêves, compensation bien logique qui aurait pu rendre supportable son chagrin. Pendant des semaines elle n'y parvint pas, bien qu'elle se concentra chaque soir avant de s'endormir, sur son visage et sur ses souvenirs. Elle ressentit cette absence comme une punition, ce qui renforça encore son sentiment de culpabilité. Puis une nuit, enfin, elle rêva d'elle, la vieille dame lui apparaissait bien vivante mais ne parlait pas, ne répondait pas à ses questions, ne lui tendait pas les bras malgré les efforts qu'elle déployait pour instaurer un dialogue ou un rapprochement. Tous les muscles de son corps se tendaient dans cette attente fébrile. Au réveil, elle était épuisée. Plusieurs fois, cette même année les rêves eurent les mêmes composantes, impossible de franchir la barrière affective. La jeune femme ressentait ces rendez-vous nocturnes comme une véritable épreuve, une sorte de barrage de censure interdisant tout contact avec sa chère disparue. Pourquoi ? Dans la plupart des rêves, ceux qui nous ont quittés s'expriment en nous rassurant de leurs bien être et même de leur vitalité. Comme si cette information était d'une importance majeure. Enfin, lorsqu'elle fut persuadée qu'elle n'avait pas eu assez d'intention pour la vieille dame les semaines précédent sa mort, elle conclut, en son fort intérieur, que ces retrouvailles frustrantes pendant son sommeil n'était qu'un châtiment divin ou cosmique qu'elle devait accepter.
Le temps passa, la nuit du premier anniversaire de la mort de la grand mére, le rêve fut différent. Elles se retrouvèrent toutes les deux dans un cadre familier autour d'une table, entouré de nombreuses personnes de connaissances, dont la plupart étaient décédés. Dans ce rêve, la défunte assise en face d'elle, glissa ses mains dans les siennes et lui dis distinctement : « J'ai réfléchi longtemps à ton bonheur, c'est la raison de mon absence, vient suis-moi. » Elle l'entraina à l'extérieur dans la lumiére, elle se tenait juste derrière elle, lui enserrant fermement son bras gauche de sa main droite. « Tu ne penses tout de même pas que je suis morte ? » Elle a ressenti au cours de ce rêve la sensation physique de sa présence. « Regarde là-bas toute cette eau. » Elle aperçu a l'horizon une mer bouillante, blanche et argentée. Qui se fondait à travers d'un ciel nuageux de la même couleur, tout en marchant, elle sentait l'eau tiède monter entre ses jambes, un bien être l'envahissait comme si cette seule sensation ainsi que la toile de fond environnante primait sur l'émotion intense que lui procurait la présence de sa grand-mère. Puis les nuages s'écartèrent rapidement par le centre de l'horizon où elle vit apparaître la tête d'un bébé, l'image était claire et nette, les contours du visage parfaitement dessinés, les yeux très expressifs. L'enfant lui souriait et ressemblait à s'y méprendre à sa fille, au même âge. Elle se retourna vers la défunte qui marchait lentement à reculons en lui souriant, sa silhouette s'estompait doucement. Elle éprouva une sensation d'infini, de plénitude et se réveilla. Elle se sentit étrangement apaisée. Elle rassembla ses idées et pensa à sa fille âgée de 22 ans, elle venait de la revoir toute petite, une chose était certaine, celle-ci n'était pas enceinte, rien ne laissait supposer dans un avenir proche de cet état de fait. Au fond, ce n'était qu'un rêve. Les rêves qu'elle fit ensuite ne se rapportèrent pas au bébé, mais elle retrouva sa grand-mére, sans cette impression d'inaccessibilité. Plusieurs fois la défunte la prévint de certains faits et événements dont elle pu vérifier à quelques nuances prés, le bien fondé. Ce n'est qu'au seuil de la troisième année que son grand rêve prit toute sa signification, Sa fille qui s'était mariée entre temps mis au monde la petite fille du rêve. A mon avis, Ce thème onirique réunit trois fonctions : Compensatoire, prémonitoire et curative. Il semble s'être présenté à la rêveuse à une période clef, une crise psychologique exigeait la résolution du conflit, on sait a quel point une rupture affective, peut entrainer une dégradation de la personnalité chez une nature sensible. La vision de l'enfant représente un tournant essentiel, il révèle en premier lieu une naissance future, tout le monde l'aura comprit, un transfert d'affection fera oublier à cette femme sa perte inacceptable.
Mais c'est surtout le climat du rêve que nous retiendront, il procura une sensation de délivrance à la rêveuse. Je confirme ici ces propres termes. Dans un premier temps qui dura presque deux ans, ne pouvant pas, par logique vérifiée, l'authenticité de son rêve, elle se trouva dans de meilleures dispositions psychiques, cette amélioration retentit bien sûr, sur sa forme. Malgré l'aspect troublant de ce vécu nocturne, je précise qu'à aucun moment, la rêveuse n'a parlé de réincarnation, du moins sous sa forme classique. Dans ce récit, elle ne fait jamais référence à une quelconque ressemblance entre la grand mére disparue, et la petite fille. Mais cette théorie ne tiens pas la route dans l'absolue, je pense que la réincarnation revêt un aspect plus subtil dont nous ne débâterons pas dans ce chapitre, car telle n'est pas notre propos.
Revenons au sens profond de ce rêve. Nous retrouvons encore l'eau dans ce rêve. Elle symbolise la fécondité, le renouvellement. Notons la perception de tiédeur qui reflète l'état d'âme de la rêveuse, l'apaisement des buts dans le thème lui-même, c'est l'eau régénérant, à la température du corps comme les eaux de la femme dans lesquels le fœtus se développe. La couleur blanc argenté reflète la pureté, les horizons infinis où l'ont se cherche, l'espoir éternel. Le message traduit ou sublimation de l'affectivité, une recanalisation, des énergies. L'inconscient possède sa défense immunitaire. Il émet les images que lui dicte sa propre exigence et attache de l'importance au processus de la vie qui se renouvelle indéfiniment. Sa mémoire sonde le futur en écumant le passé elle se sert du rêve pour circuler d'un monde à l'autre. |
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